Pourquoi la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale s’est-elle impliquée dans notre association, et avec quels enjeux ?
La Sécurité Sociale, crée en 1945 par Ambroise Croizat, métallurgiste et ministre communiste en 1945, couvre aujourd’hui en moyenne 76,8 % des dépenses de santé et d’accompagnement. En France, on bénéficie d’un reste à charge pour les assuré·es parmi les plus faibles au monde. Les réformes successives de l’assurance ont eu des conséquences majeures sur l’évolution du système de santé. Les multiples plans de maîtrise de dépenses, adoptés pour équilibrer les comptes de l’assurance maladie ont encadré les consommations des assuré·es sociaux, comme l’activité des professionnel·les de santé. Pour notre fédération, il est plus évident, au regard de nos missions, de nos financements, qu’il y a urgence à reconquérir la sécu. C’est bien dans ce contexte que les missions qui sont aujourd’hui portées par l’Association Ambroise Croizat sont en lien d’une part avec nos professions, mais aussi avec ce que porte la CGT, le 100% sécu. Travailler ensemble, développer les activités de l’association portées par la Fédération de la métallurgie sont une évidence et cela devrait l’être pour toute la CGT. Notre implication commence par reprendre une place au sein du Conseil d’administration et de participer aux discussions stratégiques en Assemblée générale.
Quel regard portes-tu sur l’action de notre association face aux besoins sociaux ?
Notre regard est bienveillant et enthousiaste, l’association fait la démonstration qu’avec du bon sens, de la concertation et des valeurs CGT fortes, elle est capable de proposer des prestations dans le domaine de l’insertion. Vous portez la liberté de travailler, de choisir son métier, de se former, cette liberté de prendre sa place au sein de la société sans être réduit ou réduite à l’image du handicap. Ces valeurs, nous les portons également à travers les métiers que nous exerçons. Notre Union Fédérale de l’Action Sociale a donc toute sa place pour débattre, échanger, syndiquer les professionnels et professionnelles. L’autre aspect des missions de l’association est de garantir l’accès aux soins à toutes les femmes, de la puberté à la ménopause, avec une approche globale de la santé (physique, mentale, sociale) et des pratiques innovantes pour leur bien-être. Vos missions vont d’ailleurs au-delà, puisque vous proposez des soins conventionnés secteur 1 : maternité, PMA, santé sexuelle, gynécologie médicale et chirurgie, pour toutes les femmes, sans discrimination.
La loi de Finance de la Sécurité Sociale 2026 annonce de nouvelles contraintes budgétaires pour nos établissements. Peux-tu nous éclairer ?
Le PLFSS s’inscrit dans un contexte marqué par :
- Le vieillissement de la population
- L’augmentation des maladies chroniques
- La progression des dépenses d’assurance maladie
- La pression sur les comptes publics et le déficit du régime général
Face à ces enjeux, le gouvernement cherche à financer la protection sociale tout en maîtrisant la dépense publique. Il est donc inconcevable que notre fédération, dans ce contexte d’austérité, soit favorable à ce PLFSS. Nous sommes d’ailleurs contre le principe même de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM). Alors que les dépenses de santé s’accroissent dans la crise et nécessitent des financements supplémentaires, elles sont privées des recettes nécessaires, puisque le PLFSS 2026 se voit amputé de 5 milliards€ qui seront alloués aux budgets militaires. La mesure emblématique de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2026 est celle qui introduit un encadrement inédit de la durée des arrêts de travail.
L’objectif affiché est de limiter l’allongement des arrêts et de renforcer le suivi médical. Cette mesure marque un tournant pour les pratiques RH et managériales. Elle met en danger non seulement les salariés de notre secteur, mais aussi les usagers qui vont se faire soigner par des professionnels de santé et d’accompagnement eux-mêmes malades. Après la crise sanitaire du COVID ayant provoqué des décès parmi les salariés exposés, ces mesures sont inconcevables dans nos secteurs de santé. Il est urgent de mettre des moyens financiers pour la santé et non la guerre !
Quelles alternatives la CGT défend-elle pour répondre aux inégalités actuelles ?
Pour commencer, le progrès social est la seule issue à la crise que traverse notre pays, l’Europe et le monde ! Vivre en paix, sans guerre, doit donc devenir une exigence préalable à toutes les autres revendications. Tous les indicateurs sont au rouge. Les conflits armés progressent, les orientation politiques en France sacrifient notre modèle social sur l’autel du réarmement militaire. On n’obtient aucun droit nouveau dans un monde à feu et à sang. Au lieu de revoir sa copie, de renoncer aux reculs sociaux (année blanche pour la fonction publique, réforme de l’assurance chômage, doublement des franchises médicales…), au lieu de mettre en place de la justice fiscale et d’abroger la réforme des retraites, le Premier ministre a préféré maintenir le budget. Il n’a pas eu le courage d’affronter les grands patrons et les plus riches et de rompre avec la politique de l’offre d’Emmanuel Macron. Face à de tels choix, les travailleuses et les travailleurs, les jeunes et les retraités ont construit une mobilisation historique pendant 2 ans et demi contre la réforme des retraites. Il nous faut donc aujourd’hui poursuivre dans cette voie et surtout développer de nouvelles convergences de luttes au sein de la CGT. Dans ce contexte d’instabilité maximum, la fédération continuera à prendre toutes ses responsabilités pour que le monde du travail, les assurés sociaux soient entendus. Nous portons depuis 10 ans un grand service public de la santé et de l’action sociale. Aujourd’hui on pourrait rajouter de la prévention et de l’accompagnement. Plus le temps passe et plus nos activités sont marchandisées, privatisées, vendues à la découpe. C’est devenu notre principal combat, la santé et la protection sociale ne sont pas des marchandises, la santé et l’accompagnement des plus fragiles sont des biens communs, pour cela nous devons toutes et tous porter le 100% sécu !
