Stéphane FLEGEAU, secrétaire général de la Fédération des métaux
1. Pourquoi la fédération de la métallurgie a-t-elle porté, à l’origine, la création de l’association Ambroise Croizat, et en quoi ce projet reste-t-il pertinent aujourd’hui ?
À l’origine, la fédération de la métallurgie a créé l’association Ambroise Croizat pour dissocier la gestion du patrimoine des syndicats de la métallurgie de la Seine de celle des activités sociales et sanitaires. L’objectif était d’apporter des réponses concrètes aux besoins des travailleurs de la métallurgie et de leur famille, en matière de santé, de maternité et de formation.
Aujourd’hui, ce projet conserve toute sa pertinence. La santé des femmes, de la naissance à la ménopause, appelle une prise en charge globale, continuellement renouvelée en fonction des avancées médicales et des besoins émergents. Parallèlement, les enjeux d’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap restent majeurs. L’association continue d’y répondre à travers un accompagnement global et individualisé, en s’appuyant sur ses structures de soins, ses centres de formation et son expertise en réadaptation professionnelle. Fidèle à ses origines, elle s’inscrit dans une dynamique d’innovation sociale au service de toutes et tous.
2. Dans un contexte de recomposition du secteur médico-social, comment percevez-vous l’importance de maintenir et de défendre les établissements de réadaptation professionnelle pour les personnes en situation de handicap ?
Le maintien, la défense et le développement des centres de réadaptation professionnelle sont essentiels, car ils répondent à un besoin sociétal majeur : permettre aux personnes en situation de handicap de (re)trouver une place dans le monde du travail et, par là même, de s’émanciper. Le travail reste un levier d’autonomie, de reconnaissance et d’inclusion.
Dans nos établissements, l’accompagnement est global, à la fois médical, psychologique, social et pédagogique. Il s’adapte aux parcours individuels pour permettre à chaque bénéficiaire de se reconstruire et de préparer un retour durable à l’emploi.
Ces centres incarnent une revendication historique de la CGT : la sécurité sociale professionnelle. Elle suppose que, tout au long de la vie — y compris en cas de rupture, de reconversion ou de situation de handicap — chacun puisse accéder aux mêmes droits, à une protection active et à des perspectives de développement professionnel. Défendre ces établissements, c’est défendre une société plus juste et plus solidaire.
3. Trop peu de syndicats adhèrent aujourd’hui à l’association Ambroise Croizat. Comment renforcer cette implication alors que la fédération en est historiquement le soutien principal ?
Il est vrai que trop peu de syndicats sont aujourd’hui adhérents de l’association Ambroise Croizat. Cela tient souvent à un manque de connaissance de son existence, mais surtout à une méconnaissance du travail concret et engagé qu’elle mène dans les domaines de la santé, de la maternité et de la réadaptation professionnelle.
Pour renforcer cette implication, il est indispensable de mieux faire connaître l’association au sein de la fédération. Cela passe par une présence plus visible dans les congrès des USTM, les conférences régionales, les formations syndicales, mais aussi par l’engagement collectif de la direction fédérale pour relayer son action.
L’association Ambroise Croizat constitue une démonstration vivante des valeurs que porte la CGT : solidarité, émancipation par le travail, égalité d’accès aux droits. La faire connaître et la soutenir, c’est rendre visible notre capacité à construire, concrètement, une société plus juste et inclusive.
4. En tant que nouveau secrétaire général de la fédération des métaux, comment entendez-vous accompagner et renforcer la dynamique portée par l’association Ambroise Croizat ?
En tant que secrétaire général de la fédération de la métallurgie je vais continuer mon engagement après 6 années passées au conseil d’administration en portant au plus grand nombre l’existence des projets par l’association Ambroise Croizat. La défense de notre modèle associatif est primordiale face aux attaques gouvernementales sur les questions de santé ou de formation.
